Cadenas, Clé, Poing.
Trois textes. Trois claques.
Une seule mission : t’arracher du canapé, des croyances molles et des automatismes absurdes.
Épisode 1 – L’Absurdité (le Cadenas) → le constat brutal. <= Tu es ici
Épisode 2 – La Transcendance (la Clé) → le choix vital.
Épisode 3 – La Physosophie (le Poing) → la voie finale.
Cet été, entre deux rucking en sueur et une introspection cosmique, j’ai pondu une grille de lecture de l’existence.
Trois textes, trois angles, une seule quête : comprendre comment vivre dans un monde absurde sans devenir un Jean-Michel de bureau.
Initialement publié dans la Newsletter PUNCH, (tu devrais t’inscrire, c’est gratuit). Je la partage ici.
Voici le premier chapitre :
ABSURDITÉ.
Le chaos comme point de départ. La transcendance comme trajectoire. La “Physosophie” comme réponse.
⚠️ Attention : ce texte est un feu d’artifice de réflexions existentielles. Ce n’est pas une tartine LinkedIn aseptisée. C’est un chaos organisé. Et c’est sûrement le plus sincère que j’ai écrit cette année.
Avec tout le taf que j’ai eu pour profiter à fond des vacances et esquiver ce que j’avais à faire, je n’ai pas réussi à créer mes newsletters en avance pour les deux prochaines semaines. Tu crois que les gens m’en voudront ?
Sinon, je publie un petit texte ?
Du genre : Ce qu’il y a de bien avec les publications automatiques, c’est que je peux t’envoyer du texte que j’ai rédigé en avance. Ça se trouve, je suis mort et tu ne le sais même pas.
Bref.
Aujourd’hui, on ne va pas parler de Jean-Michel, car il est à la plage, mais d’un sujet important :
Le sens de la vie. En ponçant un peu le sujet à droite et à gauche, que ce soit des lectures sérieuses ou des romans, de la sci-fi, ou l’histoire du temps de Stephen Hawkins.
Je me rends compte d’une part qu’il n’y en a absolument aucun. Et d’autre part que notre seule raison d’être est la survie par le processus de sélection naturelle.
Ce qu’il y a de magnifique dans tout cela, c’est que même le plus teubé des teubés est issu d’une lignée ininterrompue d’individus depuis l’apparition de la vie sur Terre.
Donc même lui mérite le respect, car sa lignée s’est poursuivie pendant des centaines de millions d’années. D’un côté, on est presque 9 milliards d’individus, donc je me dis que ce n’est pas si rare que cela, mais de l’autre… ton arrivée au monde, c’est une chance sur 800 000 milliards.
Je te dis ça, mais les gens n’arrivent pas à comprendre combien de fois 1 milliard est plus grand que 1 million.
Tu vas me répondre, espèce de connard condescendant : c’est mille fois plus grand ! Je sais que tu sais.
Si tu comptes jusqu’à 1 million, il te faudra environ 11,5 jours. Si tu comptes jusqu’à 1 milliard, il te faudra 32 ans. Alors 800 000 milliards…
Les organismes vivants ne sont que des usines biologiques qui transforment les éléments, et c’est ça qui est fou.
Chaque cellule est une usine complexe.
Mais elles travaillent en coopération avec d’autres organismes et ont décidé de bosser ensemble pour former des individus encore plus complexes composés d’environ 37 000 milliards de cellules.
Pour former d’un côté des êtres extraordinaires comme toi. Et de l’autre, Billy, qui pense que la Terre est plate et qui a décidé que sa vie serait dédiée à la glande et au pastis.
Pour en revenir à la raison d’être des humains et à la survie, les humains ont réussi au fur et à mesure du temps à créer des sociétés ultra complexes (essaie de demander ne serait-ce que l’organigramme de la région Grand Est pour comprendre ta douleur), et celles-ci sont l’outil de survie ultime.
Maintenant rezoom et essaie d’imaginer la vie de nos ancêtres rassemblés en tribus de 20 à 30 personnes maximum, il y a 200 000 ans :
Le moindre accident était fatal.
Il n’y avait rien :
Ni Internet, ni construction, ni écriture, ni boss qui t’emmerde, ni URSSAF, ni impôts, ni penser à l’anniversaire de la tata, ni stress parce que ta voiture ne passe pas la révision, ni usine, pas de Facebook, pas de TF1, pas de championnat de foot, pas de doomscrolling, pas d’addiction aux jeux d’argent, pas de loto, pas de Fort Boyard, pas de chocolatine, pas de mail non plus d’ailleurs, pas de retard à la SNCF car il n’y avait pas de SNCF, pas de voiture, ni de scooter, ni non plus, ni de Jean-Michel, pas d’anti-moustiques, de mangas, de jeux vidéo, de cafetières…
Rien.
Regarde autour de toi, plus rien n’est naturel, c’est-à-dire qu’il n’y a plus rien qui existe sans avoir été domestiqué par l’homme.
Les champs derrière chez moi ? C’est l’homme. La forêt ? Idem. Le territoire des Landes ? Aussi. De la pure ingénierie végétale humaine. Les vaches ? Domestiquées. Ton chat ? Il a une puce et plus de coucougnettes…
Tu peux courir sur les montagnes aujourd’hui… car l’homme a façonné les passages. Les GR ? Ce n’est pas naturel. Même les loups “sauvages”, c’est l’homme qui les a réintroduits. De même que les moustiques tigres en Moselle… (de manière involontaire, on est d’accord).
L’homme est un architecte global. Et c’est impossible de penser à tout en même temps. Il est impossible d’imaginer la réalité. Elle est trop vaste. Et encore, je te parle de la réalité que tu peux comprendre avec tes 100 millions de capteurs sensoriels répartis dans tout ton corps. Tu connais peut-être les infrarouges, mais tu ne peux pas les voir.
Mange des champignons magiques et la réalité se distord complètement. Car ton cerveau connecte des aires cérébrales qui ne sont pas censées se connecter entre elles. Mais… quelle est la vraie réalité ? À partir des mêmes capteurs, des mêmes informations, mais un signal capté différemment change la perception de la réalité.
Qui a raison ? Le chamane sous LSD ? Ou Jean-Michel qui fait ses 35 h au bureau ? La clé est toujours dans la survie. Je ne pense pas qu’on aurait survécu avec des mushroom parties permanentes.
À l’époque, on vivait pour survivre. La nourriture était rare, et il fallait faire des efforts.
Aujourd’hui, on est arrivé à l’extrême inverse. La nourriture est abondante, et elle arrive chez toi directement avec Uber Eats. Du coup… on meurt de surnutrition, de démusculation, de solitude, de maladie mentale, de jobs chiants… Par contre, on meurt plus lentement. Une maladie chronique, elle met 20 ans ou plus à te buter.
On ne meurt plus des tigres à dents de sabre, mais de Pedro, trop pressé sur la route pour gratter 30 secondes et rejoindre ses potes au PMU.
Note que je n’idéalise pas les chasseurs-cueilleurs : je n’aurais jamais survécu à cette époque. J’ai une maladie grave des yeux. Rendu bénin dans notre monde moderne, cela s’appelle la myopie.
Tu penses que c’est bénin ? Myope, je ne peux pas chasser, courir, sauter, nager, me battre, anticiper les dangers. Sans verres correcteurs, je ne sers littéralement à rien.
Mais sachant qu’on peut être sur un pied d’égalité… pourquoi certains cherchent-ils à s’incarner tel des moules de canapé, et d’autres à se surpasser ?
D’ailleurs, lâche un tigre dans Metz et ce sera la panique au centre-ville ! Lâche un tigre il y a 100 000 ans, et toute la tribu le combattait avec… des lances ! Même humanité, deux époques.
La survie n’est plus physique, elle est devenue conceptuelle. Même si tu deviens une larve démusclée en obésité morbide, avec les bons médocs et le bon traitement, on peut prolonger ta vie pendant des décennies.
Je crois que la clé, c’est la trajectoire que tu te donnes.
Si tu ne te donnes pas d’objectif, de mission, un cap, tu meurs mentalement. Et si tu n’en as pas conscience, tu vas reproduire une boucle automatique : travailler pour une grosse machine absurde* dont tu ne comprends pas les règles, et t’anesthésier le reste du temps par des substances (légales ou Illégales) ou des distractions.
*J’ai perdu 6 mois dans la création d’une de mes associations parce que je n’avais pas rempli le dossier avec la bonne couleur d’encre. Je l’avais fait en noir. Il devait être en bleu. Je suis vraiment un piètre citoyen. Et un peu con aussi.
Si tu n’as pas conscience de ton objectif ni de ton existence, tu vas reproduire un pattern imposé par les autres, volontairement ou non, car l’apprentissage se fait en lien avec l’environnement.
On reproduit par imitation. On apprend par imitation. On vit par imitation. C’est ce qui a permis la survie. Et encore, je ne parle même pas de ta biochimie. Selon ton sexe… ton cerveau fonctionne différemment. Ce n’est ni mieux, ni moins bien, ni plus efficace. Juste différemment.
Demande à un mec de faire les courses : globalement, il exécute la mission en moins de 5 minutes, va directement chercher les objets… et oublie la moitié. Il doit repartir au magasin et au final il aura mis… deux heures.
Une fille, elle a une belle liste, coche chaque item, papillonne de rayon en rayon. Elle n’oublie rien, mais… ça prend deux heures. Ce sont des comportements issus de l’ère chasseur-cueilleur.
Aujourd’hui, la complexité, c’est qu’on a accès à la connaissance ultime. Mais tu peux bien mettre le meilleur outil du monde dans les mains de Jean-Michel – comme une IA – et lui, il va penser qu’elle va lui voler son travail. Quelle salope !
Et nos enfants apprennent via des vidéos d’inconnus, que tu le veuilles ou non. Mon fils peut me citer tous les Pokémon, leur poids, leur taille… il a même un Pokédex bien rempli. Mais il ne sait pas faire la différence entre un bourdon et une abeille.
Tu vas me dire que je suis vraiment un père indigne. Mais lis jusqu’au bout avant de me juger.
Cette forme d’éducation est du jamais vu à l’échelle de l’humanité, et on ne sait pas ce que cela signifie d’un point de vue évolutionniste.
Avant Internet, l’adulte transmettait son savoir-faire aux enfants. Les dangers. Les pièges de la vie. Mais bon, mon père ne m’a pas appris à fabriquer une lance, et ma mère à cueillir des baies. Parce qu’à ce moment-là de l’histoire, cela ne servait plus à rien pour survivre.
Mais aujourd’hui ? Avec le réchauffement climatique, Internet, les IA… les dangers ont changé et on le les connais pas encore. Et nos parents ne peuvent plus nous apprendre grand-chose.
Un hiver de mes parents n’est plus mon hiver, qui n’est plus celui de mes enfants, et ne sera pas celui de mes petits-enfants.
On en arrive à une situation absurde, non ? Une génération n’est plus capable de comprendre le monde dans lequel elle évolue, ni de transmettre correctement son savoir.
En 1996, j’étais le seul de ma classe à avoir un ordinateur. En 1999, j’arrive à la fac : le meilleur moteur de recherche, c’était AltaVista. On avait le même niveau d’information que nos profs.
Quand je bossais à Auchan en 2001, je piratais des films pour mon chef de secteur tyrannique, qui mettait une pression de dingue sur ses équipes parce qu’une tomate était tombée par terre. Moi, il m’aimait bien. Ma stratégie de survie dans le corporate ladder étudiant, c’était de le fournir en distraction. Et de faire perdre du chiffre au magasin.
Absurde !
Mais tout est absurde :
Si j’affirme que cette phrase est fausse, alors elle est vraie. Donc elle est fausse. Donc elle est vraie.
Si je pense avec sincérité que ma pensée est fausse, elle est vraie. Donc elle est fausse. Donc elle est vraie…
Alors comment savoir si ce que je sais est vrai ?
Ma réponse : par l’expérimentation.
Il n’y a que ce que j’expérimente moi-même qui me permet de discerner le vrai du faux.
Mais je suis quand même obligé de faire confiance : je peux tester un régime cétogène sur moi, pour voir si je perds du gras. Mais je ne vais pas manger de la mort-aux-rats pour vérifier si c’est létal.
Tu vois l’absurdité ? Je peux savoir ce qui est vrai en testant… mais pas trop non plus.
Et si je ne remets rien en cause, j’en serai encore à croire que le petit déjeuner est le repas le plus important de la journée. Que mes douleurs de dos sont irréversibles. Ou encore que nous dégénérons nécessairement avec l’âge.
Ce qui est absurde aussi, c’est que : Je parle une langue que je n’ai pas inventée, je porte des vêtements que je n’ai pas fabriqués, je mange une nourriture que je n’ai pas chassée. Je suis entouré d’objets plus ou moins utiles fabriqués par des gens que je n’ai jamais rencontrés.
Je suis l’usager et le fruit du travail des autres humains. Et je pense avoir mon libre arbitre. Mais en fait… non.
Quand tu connectes tout ça en même temps, il ne reste finalement qu’une seule chose :
Il est peut-être possible de renverser les codes, d’impacter, d’influencer, d’évoluer… à partir du moment où tu deviens le héros de ta propre vie.
Quand tu comprends que nous sommes dans un bac à sable géant, avec des lois physiques, biologiques, thermodynamiques, sociales… mais que tout le reste, c’est du rôle play.
Alors : quel rôle veux-tu incarner ?
J’ai compris une chose : j’ai passé ma vie à éviter de faire des vagues. À développer des persos dans des jeux vidéo. À bosser gratuitement pour d’autres. Tu peux tout bien faire, et quand même n’obtenir aucun résultat.
Mais si tu es malin – si tu observes – tu te rends compte qu’il est possible de travailler sur une richesse qu’on ne pourra jamais t’enlever, ni copier, ni hériter. C’est la maîtrise. Le fait d’apprendre. Et de masteriser un ou plusieurs domaines.
Tu peux être le plus riche du monde : tu ne peux pas acheter l’exécution d’un grand maître en karaté. Tu ne peux pas hériter de la foulée de ton père qui court depuis 20 ans. Tu ne peux pas réussir un projet sans échouer encore et encore.
Si tu te masterises, tu changes les règles du jeu. Tu crées une réalité qui n’existait pas avant.
Si je n’avais pas créé Hélios, il n’y aurait jamais eu ces événements gaming. Si j’avais laissé la crise me consumer, je serais probablement en train de mourir dans un random job.
Le truc, c’est qu’aujourd’hui on a tué la vie. Tout est tellement facile, actionnable, sans effort, qu’il n’y a plus de saveur.
Même courir – une activité pour laquelle on est biologiquement designé – ton médecin obèse va te dire que c’est dangereux pour tes genoux. Sans remettre en cause le fait qu’on passe 8h par jour assis, enfermés dans des chaussures molles depuis l’enfance.
L’homme est probablement l’espèce la plus adaptative du monde.
Courir 100 km ? Je trouve ça intéressant. Pas pour le chiffre. Mais pour devenir celui qui est capable de courir 100 km. Parce que ça implique de se transformer radicalement, d’accumuler des connaissances biologiques, biomécaniques, psychologiques… que tu n’auras jamais si tu restes incarné en une moule de canapé.
Pourquoi la vie n’a-t-elle aucun sens ?
Avant, tu partais chasser ta nourriture. Tu ne savais pas si tu allais revenir. Aujourd’hui, tu bosses dans un job absurde pour acheter une viande que tu n’as même pas chassée.
Comme dirait Malcolm dans Jurassic Park :
“Le T-Rex ne veut pas être nourri. Il veut chasser.”
On dit qu’on perd sa vie à la gagner. Il n’est plus possible de chasser aujourd’hui. Si je tue ton chien pour le cuir, tu vas m’en vouloir.
Mais on peut revenir aux fondamentaux. Quelle est la chasse spirituelle ? L’entrepreneuriat.
Une manière de vivre. Et de donner du sens. Au niveau spirituel.
De mon point de vue : Le salariat, c’est cueilleur. L’entrepreneuriat, c’est chasseur.
Mais il ne faut pas se tromper de jeu. Tu peux devenir chef de guilde dans WoW… et passer à côté de ta propre vie. Tu peux aussi faire des trucs inutiles et devenir multimillionnaire comme MrBeast.
Le monde est déconnecté de tout.
Mais ça se paie. Rien n’est gratuit. Notre écosystème change. Il va falloir s’adapter ou mourir. Mais il faut déjà choisir de vivre.
La clé ? C’est qu’on peut quand même simplifier ce monde absurde :
On a une seule expérience de vie sur Terre. On a une biologie de dur à cuire. Et on a les connaissances de la modernité.
Alors plions le jeu selon nos propres règles.
En devenant le héros de notre propre vie.
Et ça commence par s’entraîner tous les jours, manger correctement tous les jours, devenir la version ultime de soi-même – physique et spirituelle – parce que même si la vie, c’est Disneyland… un compteur invisible tourne au-dessus de ta tête.
Et quand viendra le temps de mourir, je pourrai dire : J’ai vraiment kiffé jouer cette partie dans ce monde absurde.
Mais il m’a fallu 45 ans pour commencer à entrevoir un début de compréhension des règles du jeu.
===
J’espère que cela t’a plu, partage en commentaire tes impressions et on se retrouve prochainement pour l’épisode 02 de la Trilogie anti moule. 🥊
2 réponses sur « LA TRILOGIE ANTI-MOULE – Partie 01 -Deviens le héros de ta propre vie »
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