Et si le vrai Misogi n’était pas l’exploit, mais le fait que l’effort soit devenu banal ?
Nous sommes déjà en 2026 et je n’avais pas encore pris le temps d’écrire le débrief de mon Misogi 2025.
Comme tu le sais désormais, chaque année, l’idée du Misogi est simple
se confronter à un challenge transformateur, choisi volontairement.
Celui de 2025 est un peu particulier.
Je l’ai intitulé “Une journée comme les autres”.
Tu vas comprendre pourquoi.
Avant de commencer, je t’invite à découvrir
👉 mon Misogi 2023
👉 mon Misogi 2024
Table des matières
- Retour rapide sur les Misogi précédents
- Le contexte réel de ce Misogi 2025
- Vraiment de repartir de zéro.
- Adapter le Misogi à la réalité du corps
- La patience comme entraînement
- La course qui disparaît
- Une lecture qui change tout
- Le Misogi 2025, ou l’absence d’optimisation
- Le jour J, une journée comme les autres
- La course pirate
- La course
- Encore courir
- Ce que ce Misogi a changé
- La conclusion est assez simple
- La vraie leçon de ce misogi 2025
🔵 Si tu apprécies les retours d’expérience bruts, sans optimisation ni storytelling artificiel : je partage chaque semaine mes expérimentations physiques et mentales dans la newsletter Punch.now.
Retour rapide sur les Misogi précédents
Le Misogi 2023 est un cas à part.
Il s’agit de mon challenge spartiate 300 avec l’objectif de réaliser au moins 300 fois une action par an.
Je l’ai tenu. Et je le tiens encore aujourd’hui.
Ce qui est intéressant, ce n’est pas tant la performance que la bascule de mindset.
Ce challenge est devenu ma baseline sportive.
Je n’ai plus besoin d’y penser.
Je n’ai plus besoin de motivation.
Je le fais, même les jours où je n’en ai pas envie.
Parce que comment je me sens ne compte pas.
Le contexte réel de ce Misogi 2025
À l’origine, j’avais prévu de poursuivre ma progression en trail, dans la continuité de mon marathon trail (que tu peux lire ici.).
Mais quelque chose s’est mal passé.
J’ai failli me casser la cheville à cause de mes chaussures maximalistes
la mousse s’est affaissée en descente, provoquant une instabilité violente.
Suite à ça, j’ai pris une décision radicale.
Vraiment de repartir de zéro.
J’ai décidé de reprendre la course à pied à zéro
et d’adopter le minimalisme. Mais pas n’importe comment.
Je cours désormais… en sandales.
Je ferai un débrief complet prochainement, car après 10 mois et plus de 1000 km parcourus, j’ai suffisamment de recul pour transmettre des informations essentielles sur cette transition.
Ce que je peux déjà dire, c’est que cela a été une révélation.
Un changement de paradigme.
Et surtout, une redécouverte totale de la course à pied avec beaucoup plus de plaisir qu’avant.
Adapter le Misogi à la réalité du corps
Sur ce Misogi 2025, j’avais initialement prévu de courir une distance bien supérieure à 45 km.
Mais reprendre la course à pied de zéro après 45 ans, c’était aller droit vers la blessure.
Pas question non plus de faire un Misogi de 5 km en sandales
ça n’avait aucun sens.
Ma transition s’est bien passée jusqu’à 10 km.
Au-delà, ça a été long. Très long.
Il faut comprendre une chose
pendant 45 ans, j’ai toujours marché avec des chaussures et des semelles.
Le corps a besoin de temps pour se réadapter.
J’ai dû être patient :
=> 9 km, aucun problème
=> 10 km, systématiquement je rencontrais des
crampes, douleurs, hématomes, cheville qui gonfle
Peu importe le terrain, que cela soit du bitume ou du sentier forestier.
La patience comme entraînement
J’ai donc réparti la charge de course sur la semaine.
Puis un jour, j’ai couru 12 km sans douleur.
Je me suis dit :
“Et si je testais une course pour me challenger ?”
Nous étions alors en septembre 2025.
Une course nature de 14 km était organisée… dans mon propre village.
Timing parfait.
Je m’inscris.
La course qui disparaît
Je ne fais aucune préparation spécifique.
Mais dix jours avant la course, elle est annulée.
Faute de participants.
😢
J’active alors mon mode stoïcisme :
Quelle est ma capacité d’action face à cet événement ?
Je demande simplement la trace à l’organisateur et j’envoie un message aux inscrits pour proposer une course pirate.
Aucune idée du nombre de participants.
Et peu importe.
Je ferai la trace, même seul.
Une lecture qui change tout
Pendant cette période, je tombe sur un article racontant l’histoire de Candelaria Rivas, une coureuse Tarahumaras le peuple coureur décrit dans Born To Run, le livre qui m’a fait basculer vers la course minimaliste.
Elle gagne son premier ultra-marathon après 14 heures de marche.
Oui, 14 heures.
Elle dort à même le sol.
Puis repart marcher 14 heures après.
Sans préparation spécifique.
Sans équipement.
En sandales.
En robe traditionnelle.
Avec son bâton de berger !
Là, je me dis clairement
il y a un bug dans la matrice.
Le Misogi 2025, ou l’absence d’optimisation
Initialement, j’avais prévu de lever le pied la semaine avant la course.
Mais après cette lecture, une évidence s’impose si je me prépare et que j’optimise ce Misogi 2025… alors ce n’en est plus un.
Je décide donc de faire la course sans préparation.
Beaucoup parlent d’optimisation.
Peu parlent d’incarnation.
Dans Punch.now, je documente la transformation réelle :
corps, discipline, action.
Le jour J, une journée comme les autres

La course a lieu le samedi à 15h.
Le matin mon programme est comme cela :
– 3 heures d’arts martiaux
– je prends mon sac de sport
– je cours 5 km avec 8 kg sur le dos pour aller au dojo
C’est un entraînement que peu de coureurs font.
Et c’est une erreur.
En trail, on travaille la VO2 mais on oublie trop souvent de travailler avec de la charge alors que beaucoup de courses se font en autonomie (du moins presque toutes les miennes ^^’).
Je fais aussi tout pour ne pas dépendre des ravitaillements sur les trails courts et je m’arrête rarement avant 30 km.
La course pirate
À 15h, nous sommes 6 participants.
Tout le monde est surpris de me voir en sandales.
“Ce n’est pas dangereux ?”
“Tu n’as pas peur de te blesser ?”
“Les chercheurs disent que…”
Dans ma tête, je pense surtout à une chose :
14 km, alors que ma plus longue sortie en sandales était de 12 km
et que j’étais déjà entamé par la matinée.
Je partage la trace.
Et on part.
La course
Je suis dans le trio de tête, accompagné d’un coureur et d’une coureuse expérimentée
elle court des trails et des semis depuis 20 ans.
La course est fluide. Elle fait environ 300 m de dénivelé.
Nous restons ensemble presque tout le long.
Elle tient le cardio de manière impressionnante.
Résultat je fais les 14 kms sous les 1h30. Je ne ressens absolument aucune douleur. Aucun signal d’alerte

Le troisième participant arrive une minute derrière nous.
Encore courir
Je décide ensuite d’aller à la rencontre des autres.
Je refais la course à l’envers.
J’ajoute encore 6 km à la journée.
Je ne les retrouverai pas.
Mais je me sens bien. Il fait grand soleil.
Je commence à ressentir quelques douleurs musculaires, mais rien d’anormal.
Les deux jours suivants, j’ai des courbatures. Elles se résorberont rapidement.
Et surtout, je sens que la barrière des 10 km est définitivement derrière moi.
Ce que ce Misogi a changé
Ce Misogi n’avait rien d’extraordinaire.
Et pourtant, il a changé mon rapport à l’entraînement et aux épreuves.
Trois mois plus tard, je plafonne désormais autour des 20 km.
Les douleurs sont là, systématiquement. C’est mon nouveau plafond.
Alors je travaille patiemment les sorties back-to-back (c’est à dire deux jours de courses consécutifs pour reproduire la fatigue dans les portions d’ultra).
Par exemple : 20 km suivis de 10 km ou deux journées de 15 km / 15 km
Je renforce progressivement tendons et tissus conjonctifs de cette manière là.
La conclusion est assez simple
Cette année encore, je ne sais pas quel Misogi choisir.
Je suis en transition et je ne veux pas me blesser.
Mais au fond, j’ai réussi mon Misogi 2025. Cette journée comme les autres.
Car je crois que lorsqu’on devient vraiment coureur, il faut chercher à être comme Candelaria.
Ne pas chercher à s’économiser
Ne pas optimiser à l’excès… incarner le mouvement et le devenir.
La vraie leçon de ce misogi 2025
Si j’avais suivi un plan classique, j’aurais réussi ces 14 km.
Mais là, je les ai réussis en intégrant mes autres entraînements,
en vivant normalement, en courant plus.
L’esprit joue sur le corps.
Ce Misogi 2025 n’était pas vraiment impressionnant.
Il était formateur.
Parce que je veux devenir quelqu’un capable de réussir ses courses sans préparation spécifique. Parce que courir fait partie de ma vie.
Et la vie, la vraie, ne te laisse jamais le temps de te préparer aux épreuves qu’elle t’envoie.
Tu dois les anticiper.
Et être prêt.
Ce que je construis n’est pas spectaculaire.
C’est durable.
Si tu veux suivre cette trajectoire en temps réel,
rejoins Punch.now.

Une réponse sur « Misogi 2025, une journée comme les autres »
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